Proudhon on… possession.

I’ve started to read Qu’est-ce que la Propriété, by our very own founding father of Anarchism, Pierre-Joseph Proudhon, in the original. I’ll probably find many interesting passages in there, so I’ve decided I might as well share them with you, since I imagine there’s many who haven’t read it.

The passage I want to share with you here is an analogy he gives of possession with taking a seat in a theater.
(For all passages I will post on here, I will first give the original, then my translation)

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Cicéron compare la terre à un vaste théâtre: Quemadmodum theatrum cum commune sit, recte tamen dici potest ejus esse eum locum quem quisque occuparit.

Ce passage est tout ce que l’antiquité nous a laissé de plus philosophique sur l’origine de la propriété.

Le théâtre, dit Cicéron, est commun à tous; et cependant la place que chacun y occupe est dite sienne: c’est-à-dire évidemment qu’elle est une place possédée, non une place appropriée. Cette comparaison anéantit la propriété; de plus, elle implique égalité. Puis-je, dans un théâtre, occuper simultanément une place au parterre, une autre dans les loges, une troisième vers les combles? Non, à moins d’avoir trois corps, comme Géryon, ou d’exister au même moment en différents lieux, comme on le raconte du magicien Apollonius.

Nul n’a droit qu’à ce qui lui suffit, d’après Cicéron: telle est l’interprétation fidèle de son fameux axiome, suum quidque cujusque sit, à chacun ce qui lui appartient, axiome que l’on a si étrangement appliqué. Ce qui appartient à chacun n’est pas ce que chacun peut posséder, mais ce que chacun a droit de posséder. Or, qu’avons-nous droit de posséder? Ce qui suffit à notre travail et à notre consommation; la comparaison que Cicéron fait de la terre à un théâtre le prouve. Après cela, que chacun s’arrange dans sa place à son gré, qu’il l’embellisse et l’améliore, s’il peut; il lui est permis: mais que son activité ne dépasse jamais la limite qui le sépare d’autrui. La doctrine de Cicéron conclut droit à l’égalité; car l’occupation, étant une pure tolérance, si la tolérance est mutuelle, et elle ne peut pas ne pas l’être, les possessions sont égales.

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Cicéron compares the Earth to a vast theater: Quemadmodum theatrum cum commune sit, recte tamen dici potest ejus esse eum locum quem quisque occuparit.

This quote is the most philosophical thing that the Antiquity left us on the origins of property.

The theater, says Cicéron, is common to all; however the seat that each occupies in it is said to be his: that is to say, obviously, that it is a seat we possess, not a seat that we appropriate. This comparison annihilates the concept of property; furthermore, it implies equality. Can I, in a theater, occupy simultaneously a seat near the orchestra, one a box seat, and a third a high seat? No, unless one has three bodies, like Géryon, or exists at the same time in different places, as was told of the magician Apollonius.

None has the right to anything but what is enough for him, according to Cicéron: thus is the most exact interpretation of his famous axiom, suum quidque cujusque sit, to each what belongs to him, an axiom we have so strangely applied. What belongs to each of us is not what each can possess, but what each has the right to possess. Then, what do we have the right to possess? What suffices for our work and our consumption: the comparison made by Cicéron of the Earth to a theater proves it. After this, each can arrange his place in the world as he wishes, embellish and improve it, if he can; that much is permitted to him: but let this activity never infringe the limit that separates him from others. Cicéron’s doctrine concludes straight to equality; for occupation, being a pure tolerence, if tolerence is mutual, which it cannot not be, possessions are equal.

4 thoughts on “Proudhon on… possession.

  1. Zack July 11, 2009 at 07:24

    Pretty cool post. I just came by your blog and wanted to say that I have really enjoyed browsing your posts.

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  2. decembre July 11, 2009 at 12:33

    …Nul n’a droit qu’à ce qui lui suffit, d’après Cicéron…

    Plusieurs vous rétorqueront que ce n’est pas de leur faute s’ils ont tant d’appétit. D’autres qu’ils étouffent dans si peu d’espace ! Les raisons d’être immonde avec les autres sont multiples.

    Essayer de les limiter est impossible, Cicéron en a sûrement parlé sans ça, il manque une démension à sa citation : la gourmandise et l’orgueil entre autres qui ne sont pas à négliger, vous en conviendrez.
    Bon samedi.

  3. decembre July 11, 2009 at 12:37

    ” Dimension” désolé.
    Je voudrais rajouter qu’on peut philosopher tant qu’on veut, cé l’fun mais, dans la réalité, les forts prennent la place qu’ils veulent en écrasant ceux qui sont à la mauvaise place au mauvais moment, une place que seuls leur disputent d’autres qui de façon cyclique, se croient aussi forts qu’eux. Salutations.

  4. Francois Tremblay July 11, 2009 at 16:06

    “Je voudrais rajouter qu’on peut philosopher tant qu’on veut, cé l’fun mais, dans la réalité, les forts prennent la place qu’ils veulent en écrasant ceux qui sont à la mauvaise place au mauvais moment, une place que seuls leur disputent d’autres qui de façon cyclique, se croient aussi forts qu’eux.”

    Ah, le droit des plus forts. En tant que moralité, c’est à peu près la pire qui puisse être construite. Alors je ne suis pas d’accord avec vous, mais pas du tout. Votre idéologie est l’idéologie du tyrant et du contrôle absolu.

    Quant à votre question à propos de la suffisance, vous avez oublié de lire ce passage:

    “Or, qu’avons-nous droit de posséder? Ce qui suffit à notre travail et à notre consommation; la comparaison que Cicéron fait de la terre à un théâtre le prouve. Après cela, que chacun s’arrange dans sa place à son gré…”

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