Proudhon on… land appropriation.

Here is a second Proudhon quote from Qu’est-ce que la Propriété, pages 73 and 74, regarding his argument that there’s no more grounds to appropriate land (make it property) than there is to appropriate water, air or fire, things which most people agree are not property.

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Il n’est permis ni de puiser de l’eau à une fontaine enclavée dans un terrain, sans la permission du propriétaire, parce qu’en vertu du droit d’accession, la source appartient au possesseur du sol, s’il n’y a possession contraire; ni de donner du jour à sa demeure sans payer un impôt; ni de prendre vue sur une cour, un jardin, un verger, sans l’agrément du propriétaire; ni de se promener dans un parc ou un enclos, malgré le maître; or, il est permis à chacun de s’enfermer et de se clore. Toutes ces défenses sont autant d’interdictions sacramentelles, non-seulement de la terre, mais des airs et des eaux. Prolétaires tous tant que nous sommes, la propriété nous excommunie: Terrâ, et aquà, et aere, et igne interdicti usmus.

L’appropriation du plus ferme des éléments n’a pu se faire sans l’appropriation des trois autres, puisque, selon le droit français et le droit romain, la propriété de la surface emporte la propriété du dessus et du dessous: Cujus est solum, ejus est usque ad coelum. Or, si l’usage de l’eau, de l’air et du feu exclut la propriété, il en doit être de même de l’usage du sol…

… Un homme à qui il serait interdit de passer sur les grands chemins, de s’arrêter dans les champs, de se mettre à l’abri dans les cavernes, d’allumer du feu, de ramasser des baies sauvagaes, de cueillir des herbes et de les faire bouillir dans un morceau de terre cuite, cet homme-là ne pourrait vivre. Ainsi la terrre, comme l’eau, l’air et la lumière, est un objet de première nécessité dont chacun doit user librement, sans nuire a la jouissance d’autrui; pourquoi donc la terre est elle appropriée?… La terre est chose limitée; donc, suivant M Ch. Comte, elle doit être chose appropriée. Il semble qu’il devait dire, au contraire: donc elle ne doit pas être chose appropriée. Car, que l’on s’approprie une quantité quelconque d’air ou de lumière, il n’en peut résulter de dommage pour personne, puisqu’il en reste toujours assez: quant au sol, c’est autre chose. S’empare qui voudra ou qui pourra des rayons du soleil, de la brise qui passe et des vagues de la mer; je le lui permets et lui pardonne son mauvais vouloir: mais qu’homme vivant prétende transformer son droit de possession territoriale en droit de propriété, je lui déclare la guerre et le combats à outrance.

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Il is not permitted to draw water from an enclosed fountain, without the owner’s permission, for by virtue of the right of access, its source belongs to the owner of the land, if there is no contrary possession; or to give light to one’s home without paying a tax; or to get a view of a yard, garden, orchard, without the owner’s agreement; or to stroll in a park or enclosure against the owner’s will; but, it is permitted to any person to enclose himself. All these protections are so many sacramental interdictions, not only of land, but of the air and water. Proletarians that we are, property excommunicates us: Terrâ, et aquà, et aere, et igne interdicti usmus.

The appropriation of the most solid of the elements could not be done without the appropriation of the three others, since, according to french law and roman law, land property carries with it property of what is above and below: Cujus est solum, ejus est usque ad coelum. Then, if use of water, air and fire excludes property, the same must be true for land use…

… A man to whom it would be forbidden to walk on the roads, to stop in fields, to seek refuge in caves, to start fires, to pick up wild berries, to pick herbs and boil them in a pot, this man could not live. Thus land, like water, air and light, is an object of first necessity which all must use freely, without interfering with other people’s use; why then is land appropriated?… Land is limited; therefore, following Mr. Ch. Comte, it must be appropriated. It seems that he should rather say: therefore it cannot be appropriated. For appropriating a quantity of air or light cannot result in any damages to anyone, since there’s always enough: the case of land is otherwise. Let anyone, who wishes or can, grab some of the Sun’s rays, the passing breeze and the waves of the sea; I permit him to do so and forgive him his ill will: but that a living man claims to transform his right of territorial possession into a property right, and I will declare war to him and fight him at length.

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